Quand lors de la dernière élection fédérale, le Bloc Québécois réussit à récolter 50 députés avec 10 % du vote canadien et que le Parti Vert, avec 6,8 % des votes n’a pas le moindre député, il y a lieu de se poser des questions. Notre mode de scrutin n’est pas du tout représentatif de l’opinion et de l’intérêt des Canadiens. Depuis quand le Canada est-il un pays de droite ?
Toutes nos élections fédérales depuis 1867 ont porté au pouvoir soit le Parti Conservateur, soit le Parti Libéral. Pourtant, le 14 octobre dernier, les électeurs avaient le choix entre 21 partis en élection.
Problème de représentation
Pourquoi, les Conservateurs, avec 37,6 % des voix, ont-ils 46,4 % des députés, alors que les Libéraux, avec 26,2 % d’appuis des électeurs, n’ont que 24,7 % de représentants ?
Plus bizarre est la différence entre le NPD et le Bloc. Les premiers, avec 2,5 millions de votes ne récoltent que 37 députés, tandis que les seconds obtiennent 50 députés avec 1,1 million de voix de moins que le NPD !
Il est évident que certains électeurs ne sont pas représentés à Ottawa. Qui parle au nom du million de Verts et des autres tendances n’ayant pas d’élu au parlement ?
Scrutin proportionnel
Au Canada, et particulièrement au Québec, l’idée de changer le mode de scrutin actuel pour quelque chose de plus juste, comme le scrutin proportionnel, a été lancée il y a au moins 45 ans et depuis, malgré que cela figure au programme de certains partis politiques, encore aucun gouvernement n’a eu assez de colonne vertébrale pour aller de l’avant.
Toujours au Québec, le directeur général des élections a régulièrement déposé, au cours des années, des rapports prônant un scrutin plus représentatif. Tous prennent la poussière sur les tablettes !
Il est plus que normal que toutes les tendances soient représentées au gouvernement ; nous avons des radicaux de droite et de gauche, nous avons des gens de droite, de gauche, de centre droite, de centre gauche, des communistes… Pourquoi leur vote ne compte-t-il pas ?
Ainsi, un scrutin proportionnel permet à tous les partis d’avoir des représentants élus selon la proportion de votes qu’ils ont récoltés. Ainsi, avec 10 % des voix, le Bloc obtiendrait 31 députés, alors que les Verts en auraient 21. Les Conservateurs en auraient 116, au lieu des 143 actuels, les Libéraux gagneraient 5 députés tandis que le NPD en obtiendrait 19 de plus.
Intérêt accru pour la politique
À mon avis, si les électeurs pouvaient réellement voter selon leurs opinions et avoir des représentants de leurs intérêts à Ottawa et à Québec, le taux de participation aux élections serait beaucoup plus important. Il est assez incroyable de constater qu’à l’élection du 14 octobre dernier, près de 10 millions d’électeurs n’ont pas voté. Pauvre démocratie !
Nous aurions aussi probablement plus de partis politiques et de candidats de qualité.
Plus de dialogues et de concertation
Un tel système amènerait évidemment plus de gouvernements de coalition, où chacun devrait mettre de l’eau dans son vin pour assurer une gouvernance efficace. Ainsi, par exemple, nos gouvernements seraient plus ouverts à des politiques environnementales et sociales concrètes.
Le système actuel donne beaucoup trop de pouvoir à un gouvernement majoritaire. Tellement, qu’il peut se passer de discussions avec les élus des autres partis et agir comme une monarchie, pour le bien de ses membres et de ses amis lobbyistes. Mais rarement pour le bien de la population qu’il représente !
Enfin, un nouveau mode de scrutin devrait également permettre aux électeurs de voter pour le meilleur candidat de leur région, tout en votant pour le parti qui les intéresse, même s’il est différent de celui de leur candidat. Donc, un vote pour le candidat et un pour le parti.
Êtes-vous satisfait du mode de scrutin actuel ?
Avez-vous l’impression que nos gouvernements tiennent compte de vos opinions et intérêts ?

